20 Plumes de chez nous


20 Plumes de chez nous

Trouver de bons livres à lire peut parfois sembler une perspective gênante. Cependant, à l'ère des communautés Internet mondiales et du partage en ligne, vous ne serez jamais loin d'une découverte incroyable. Avec la courtoisie d'Internet et des moyens traditionnels, voici une liste de façons de vous trouver un nouvel auteur incroyable. Exceptionnel? En effet, puisque la diversité culturelle et littéraire qui caractérise Montréal a de quoi satisfaire les appétits de lecture les plus voraces.

Voici notre liste des romans d’ici : 



Quand la vie défile par Jean-Claude Poitras 

Habité d'une passion inépuisable et d'un profond devoir de mémoire, Jean-Claude Poitras se propose comme guide pour nous faire visiter l'histoire de la mode québécoise, des années 1950 à nos jours. Acteur du milieu, il pose un regard neuf et inspirant sur sept décennies qui l'ont vu grandir et évoluer en tant que créateur. Dans les coulisses de cette industrie sans pareille, le designer nous entraîne de l'autre côté du miroir et dresse un bilan des grandeurs, des défaites et des heures de gloire d'un monde qui ne cesse de se réinventer et de se redéfinir. Au-delà des clichés, sa plume sensible tisse une histoire qui rend hommage aux pionniers, aux créateurs, aux fabricants, aux détaillants et aux artisans d'un univers fascinant.



Le parcours d'un immigrant sélectionné par le Québec, ses rêves et ses espoirs, et les obstacles à son intégration par l'emploi Octobre 2009. Mensah Hemedzo, originaire du Togo, quitte la France pour s'installer au Québec avec sa femme et ses deux jeunes filles. Doctorant en littérature française à l'Université de Strasbourg, ayant une expérience d'enseignement dans la même université, il prévoit s'intégrer professionnellement au bout d'un an en tant que professeur de littérature ou de français. C'est du moins ce que les responsables de l'immigration lui laissent entendre. Toutefois, la réalité est bien loin du scénario annoncé. Très vite, il se heurte à la non-reconnaissance de ses diplômes et se bute à l'éternelle question des employeurs: Avez-vous de l'expérience au Québec? Avec un regard lucide mais non acrimonieux, il met en lumière, par son témoignage, les défis auxquels font face plusieurs nouveaux arrivants et expose les obstacles qui se sont dressés entre lui et son rêve de vivre et de travailler en français au Québec.

Manuel de la vie sauvage par Jean-Philippe Baril Guérard

J’ai appris beaucoup de choses en fondant mon entreprise. J’ai appris que l’argent se définit par sa quantité, mais aussi par sa qualité. J’ai appris que toutes les relations humaines impliquent une transaction et qu’il faut toujours s’assurer de ne pas perdre au change. J’ai appris que la haine est le plus grand moteur d’innovation. J’ai appris que la seule façon de se faire respecter par les autres est d’avoir une relation contractuelle avec eux. J’ai appris qu’il ne faut pas confondre la légalité avec la moralité. J’ai appris que je suis une bonne personne, mais j’ai aussi appris qu’il est important de faire des compromis. J’ai dû apprendre tout ça par moi-même, au prix d’échecs cuisants et d’efforts soutenus. Et même si, en ce moment, votre startup ne connaît pas de succès, vous avez une immense chance : vous tenez entre vos mains un livre qui vous fera profiter de tout ce que j’ai appris, en accéléré. Et si vous appliquez bien ce que je vous enseigne, vous aurez la chance de devenir un peu comme moi.


Pas de géants par Gabriel Allaire


Olivier pédale sur son bécyque comme s'il pouvait s'envoler et dépasser tout ce qui le dépasse. Julie, sa mère, survit à sa journée couchée sur le divan, dans une sorte de deuil embrumé. Son père travaille pour oublier, et son ami Mathieu prend des pilules pour aller moins vite. Tandis que le hibou enseigne une matière de cinquième année qui lui passe six pieds par-dessus la tête, Olivier rêve de fugue, de fuite à vélo, d'envol. Olivier pédale pour fuir la mort et rêve d'une île où recommencer sa vie:  ... Chambly a l'air sous tisane. Les rues sont décontractées de la circulation. Les stores sont détendus. Grosse ambiance de sédatif. Tellement de silence autour qu'on entend les courants d'air se saluer quand ils se croisent. J'essaie de battre la nuit, de me rendre chez moi avant qu'elle arrive. Avec Pas de géants, Gabriel Allaire signe un premier roman étourdissant, à la fois tendre et spectaculaire, au langage scintillant comme les plus lointaines étoiles.


Les chars meurent aussi par Maire-Renée Lavoie

 Dès le printemps, mon petit cheval a commencé à montrer des signes de fatigue. Les pièces lâchaient, les unes après les autres, comme des fruits blets. J'avais beau bricoler des petites réparations maison ici et là - mon silencieux avait tenu trois semaines grâce à un collet de mon invention -, je finissais toujours au garage, sous les regards accablés de mon père qui se désolait de voir qu'il avait eu raison : ça coûte cher, une auto. Si elle tient de son père quelques notions de mécanique, c'est à sa mère que Laurie doit son goût immodéré pour la lecture ; de la petite Cindy, cette gamine amochée par la vie qu'elle a prise sous son aile, elle a reçu des poux, mais pas que ça. Autour de la jeune femme, le monde change et les grandes assurances s'effritent, mais une chose demeure : c'est auprès des siens qu'on trouve la force de se retrousser les manches et de sourire.



 
L'homme de l'ombre par Laurent Turcot

Montréal, 1775. La guerre est proche, trop proche. Les Américains envahiront le Canada dans quelques jours. Les habitants se préparent du mieux qu’ils le peuvent tandis que les derniers Britanniques encore en ville prennent la fuite. Pierre Dubois observe ceux qui attendent impatiemment les prochains conquérants, mais il n’en a cure puisqu’il a déjà tout perdu. En ayant enfin trouvé son coin de paradis, le Québec, il croyait en avoir terminé avec le mauvais sort. Mais la femme qu’il aime a été sauvagement assassinée. Et il y a aussi cet homme qui veut se venger de lui. Les souvenirs de son enfance à Paris, de sa vie à Montréal et de cette fameuse journée d’avril 1770 à Québec lui reviennent en mémoire et, avec eux, les fantômes oubliés du passé. Dans ce second tome de L’Homme de l’ombre, nous découvrons avec délice un Québec peu connu, un Québec divisé entre les Américains et les Britanniques.




J'ai rêvé que les restes de ma grand-mère seraient incinérés. Dans la chambre funéraire, une femme avait disposé les ossements de Régina sur un drap. Elle devait les mettre en morceaux avant de les brûler. Le feu du crématoire produisait deux types de cendres. Dans l'une, la blanche, il resterait des éclats d'os. Nous souhaitions obtenir une fine poudre noire, un résultat plus noble. L'officiante m'a demandé si je voulais rendre un dernier hommage à ma grand-mère. Je lui ai écrit un livre.





Derek Lamothe apprend au même instant la mort de son grand-père et la grossesse de sa blonde. Le choc est double, le passé et le futur se télescopent violemment. Quel destin attend son enfant, et en fonction de quelle histoire ? Ancien joueur professionnel – forcé à la retraite avant son premier match à cause d’une blessure au genou – devenu vendeur de Cadillac et hockeyeur de garage, Derek est un Québécois amoureux de son sport national et des gens qui y jouent, amoureux de son territoire et des gens qui y vivent, amoureux d’Histoire et de Daisy, sa belle Wendate originaire d’un village huron des environs de Québec. Le souvenir de son grand-père, la promesse de l’enfant à venir et la déception lancinante relative à sa carrière bêtement interrompue le précipiteront sur les traces d’Antoine Laumet, baron de Cadillac, le fondateur de Détroit, ville pour laquelle il avait justement signé, avec les Red Wings. Son trajet sera parsemé des lieux d’une mémoire ancestrale, et c’est le parcours de son peuple qu’il refera malgré lui – son peuple à qui jadis l’Amérique entière et ses premiers habitants avaient tendu la main.



Mélikah Abdelmoumen a passé douze ans à Lyon avec son conjoint et leur fils. Sans amertume, mais sans détour, elle raconte ce qui lui a finalement fait interrompre ce long séjour : les clivages sociaux et les lourdeurs administratives de la France, un climat politique étouffant, et l'épreuve quotidienne de vivre dans un pays en perpétuel état d'urgence. En contrepoint, le récit de son amitié avec une famille de Roms de Roumanie ballottés de squats en bidonvilles fait ressortir cette grande constante existentielle du déracinement : l'inquiétude. Quand on part, même dans des circonstances heureuses et relativement confortables, on part avec soi-même tout entier, névroses comprises, phobies comprises, araignées au plafond et squelettes dans le placard compris. Ce qu'on laisse derrière soi, c'est le terreau humain, social et institutionnel où tout ça était enraciné. On emporte, dans un mouchoir de poche, les petites mottes de terre accrochées au rhizome biscornu qui est tout ce qu'on est..      



Algérie, années quatre-vingt-dix. Elles ont été des milliers à être enlevées, violées, parfois assassinées, celles que l’on nomme les filles de la décennie noire. Ces jeunes femmes, souvent des fillettes, à qui le gouvernement algérien a demandé le silence à travers sa politique de réconciliation nationale, ont ravalé leur honte. Tandis que résonne le cri de l’une d’elles, subissant l’horreur, la narratrice raconte sa culpabilité d’avoir choisi l’exil et trouvé le bonheur. Deux voix de femmes en écho qui prennent la parole haut et fort, en mémoire de toutes les autres...





Le Nord et ses espaces infinis, souvent faits de toundra, m’a toujours puissamment inspiré, il fournit un sens magnifié à mon existence. Je suis toutefois conscient que la réalité, au Nunavik, est devenue souffrante, et ces années-ci plus que jamais. Il y a bien sûr la vie qui bat son plein et des centaines de bambins beaux comme des aurores boréales qui s’amusent dans des trous d’eau même à minuit, au solstice d’été. Plusieurs projets sont aussi mis en place par des êtres d’exception qui souhaitent animer la vie au Nord. Mais la souffrance collective nordique reste indéniable. Une véritable révolution doit avoir lieu au cœur des quatorze villages des côtes de l’Ungava et de la baie d’Hudson. 


Ce livre s’appelle Ouvrir son cœur. Le sujet de ce livre, c’est la honte. Ce livre raconte ma vie, des morceaux de ma vie. Il raconte la solitude d’une enfant, l’école peuplée de camarades qui savaient, eux, comment être des enfants, comment être un groupe, alors que je ne savais pas. Il raconte l’histoire de mon œil. Il raconte les chirurgies, la peur, et l’amitié fusionnelle et jalouse avec une petite fille lumineuse, que la mort guettait. Il raconte une adolescence atrabilaire et secrète. Il raconte une petite ville industrielle, son usine immense et inhumaine, aux allures de vaisseau générationnel, et l’été de terreur et d’hébétude que j’y ai vécu, avant ma fuite à Montréal, qui n’arrangera rien. En racontant, j’essaie de comprendre comment les souvenirs deviennent des souvenirs, les personnes des personnes, les livres des livres. L’instant présent est inconnaissable et le passé est perdu. Les souvenirs, les livres, les personnes se construisent en se racontant. En se racontant, ils se transforment. Rien n’est jamais fixé. Au bout de cette histoire se trouve la mort. Ce livre s’appelle Ouvrir son cœur. Le sujet de ce livre, c’est la mort. ? Alexie Morin 



Voici un livre qu’un évènement réel a scindé en deux. Ce récit mutant, qui n’épargne personne, est l’occasion de découvrir le style entêtant, enflammé et profondément intelligent de l’auteure, hybride de Marcel Proust et de Christine Angot.« Je ne veux pas être une mère qui est toujours dans ses livres, je veux être interrompue, je veux pouvoir être dérangée, je ne veux pas qu’un enfant sente qu’il vit dans un ordre inférieur de réalité, que sa vie est contingente.Je veux qu’il se sente souverain, qu’il soit impérieux, qu’il soit insupportable. Je veux que ce soit l’écriture qui ressente les secousses du quotidien, les dérangements, la maladie, les caprices, je veux que l’écriture soit insomniaque, dépassée par la vie, qu’elle en souffre, et qu’on le sente,qu’on se dise : clairement, elle n’arrive pas à gérer, c’est trop pour elle, ça se voit que tout ça est au-dessus de ses forces, qu’elle concilie mal le travail et la famille, toujours en retard, décalée, c’est agaçant, à l’arrache




Le rapport que l'humanité entretient avec les excréments est bien singulier. Mélangez la honte, le dédain et la fascination et vous obtenez les états d'âme qui habitent un individu moyen devant ces reliquats de notre digestion. Ce sont des performances où chaque évocation scatologique trouve un public pour se dilater la rate et, incidemment, accélérer son transit car le rire est aussi très bon pour la motilité intestinale.Je voulais prendre le taureau par les cornes et aborder le sujet plus en profondeur dans ce petit bouquin qui mélange humour et connaissances. Boucar Diouf



Inspirée par des femmes qu'elle a connues et aimées, l'auteure brosse quinze portraits de celles ayant appris à vivre seules. Qu'elles soient d'éternelles amoureuses ou qu'elles aient renoncé à l'amour, toutes continuent d'aimer autrement. À leur manière. Ces quinze vies sont relatées avec finesse et profondeur dans ce qui constitue un véritable hommage à un éventail coloré de femmes libres et aimantes. Un kaléidoscope chatoyant de personnes singulières, touchantes et surtout passionnantes à découvrir dans toute leur complexité. Des femmes qui, avec plus ou moins de facilité, ont apprivoisé la solitude, aspirant à vivre pleinement et à vieillir sereinement.  


Dany Laferrière 

Un après-midi d’été, l’écrivain croise sur la rue Saint-Denis un jeune homme, Mongo, qui vient de débarquer à Montréal. Il lui rappelle cet autre jeune homme arrivé dans la même ville en 1976. Le même désarroi et la même détermination. Mongo demande: comment faire pour s’insérer dans cette nouvelle société? Ils entrent dans un café et la conversation débute comme dans un roman de Diderot. C’est ce ton léger et grave que le lecteur reconnaît dès le début d’un livre de Laferrière.

Au jeune Mongo, Laferrière raconte quarante années de vie. Une longue lettre d’amour au Québec.

« Il faut rester vigilant. L’exil est la plus grande école de conduite. On devrait envoyer tous les enfants faire un stage à l’école de l’exil. À ce jour, seuls les damnés de la terre semblent bénéficier de ce cours magistral. Dans cette obligation d’observer attentivement l’autre, on se découvre parfois. En analysant ainsi chacun de ses gestes, cela prend un temps avant de voir qu’on était en face d’un miroir.
— Je risque de me perdre dans cette aventure.
— C’est le risque du voyage, Mongo. »

Dany Laferrière, né le 13 avril 1953 à Port-au-Prince en Haïti, reçoit le prix Médicis en 2009 pour l’Énigme du retour. Il est élu à l’Académie française en 2013. Il a publié chez Mémoire d’encrier Les années 80 dans ma vieille Ford (2005), Tout bouge autour de moi (2011), Journal d’un écrivain en pyjama (2013) et Tout ce qu’on ne te dira pas, Mongo (2015). 




Si, comme elle l'écrit, l'eau s'apprend par la soif et l'oiseau par la neige, alors Emily Dickinson, elle, s'apprend par la mer et par les villes. Figure mythique des lettres américaines, celle que l'on surnommait « la dame en blanc » demeure encore aujourd'hui une énigme. Elle a toujours refusé de rendre sa poésie publique et a passé les dernières années de sa vie cloîtrée dans sa chambre ; on s'entend pourtant maintenant à voir en elle un des écrivains les plus importants du dix-neuvième siècle. Les villes de papier explore son existence de l'intérieur, en mode mineur, à travers ses livres, son jardin et ses fantômes. Autour de moments de la vie d'Emily, Dominique Fortier trace un roman à la fois grave et cristallin, et nous offre une réflexion d'une profonde justesse sur les mondes qui nous construisent, sur les lieux que nous habitons et qui nous habitent aussi. 


Le génocide commence le 7 avril 1994. L’inconcevable boucherie gagne rapidement le pays entier. Presque toute la famille de Marie-Josée Gicali est aussitôt tuée, mais cette dernière réussit à échapper au massacre, ne devant sa survie qu’à d’invraisemblables concours de circonstances. Grièvement blessée mais soutenue par des amis, elle survit pendant des semaines dans un état d’hébétude totale.

Plus tard, elle retrouve un parent, miraculeusement épargné. Après l’hécatombe, la vie reprend peu à peu ses droits dans un Rwanda dévasté. Marie-Josée s’y démène pour subsister d’un jour à l’autre. Un programme d’études à l’étranger lui donne la chance de refaire sa vie ailleurs, au Québec, où elle vit aujourd’hui depuis 20 ans.

Le récit ne plonge pas d’emblée dans le drame, mais nous y prépare en offrant une mise en contexte de la vie au Rwanda et du quotidien de la famille de l’auteure avant le déchaînement des violences. On découvre ainsi que la tragédie survenue en 1994 couvait depuis déjà plusieurs décennies, ses racines remontant à l’invention pure et simple – par les colonisateurs – de deux « races », les Hutu et les Tutsi qui, à l’origine, étaient de simples groupes sociaux.

Un témoignage à la langue sobre qui rend avec émotion l’incompréhension de la haine et de la cruauté que des êtres humains ont exercées contre leurs semblables, ce printemps-là, au Rwanda. 


Tout entrepreneur doit se chercher des modèles de réussite. Pour pallier le manque d'outils en français, Hassoun Camara, ex-joueur vedette de l'Impact de Montréal, et Benoit Chalifoux, chargé de cours en administration, ont écrit un livre où sont juxtaposées les qualités d'un grand sportif - l'audace, la passion, la discipline, l'humilité - et des principes concrets enseignés en sciences de la gestion. Chaque chapitre propose un double récit : une étape du parcours du footballeur suivie d'une analyse des habiletés qu'on y observe et qui sont transposables en entrepreneuriat.




Taïna 

Le livre s’adresse vraiment à tout le monde; mariés, célibataires ou en fréquentation. Je ne suis pas une coach, loin de là, mais je crois que mes expériences peuvent aider dans les différentes sphères de la vie amoureuse. Les couples mariés oublient très vite leur ancienne vie de célibataires et les célibataires ne sont pas compris et stéréotypés. Ce livre donne une voix positive à ceux qui cherchent l’amour et surtout il fait rire et j’espère qu’il inspirera tout le monde.  





Trôneroyal